26.08.2010

De jeunes exposants créatifs sur le marché des potiers

P1040637-bis.jpgPour ce 18e marché des potiers, les nombreux visiteurs ont pu mesurer encore une fois combien est ténue la frontière entre artistes et artisans, tant, qu'au-delà de son effet décoratif, voire utilitaire, la poterie participe à l'harmonie de la vie au quotidien.

Dans un souci de recherche permanente de qualité, les organisateurs sélectionnent des exposants aux techniques diverses, terre vernissée, raku, grès, faïence ou émail, et qui offrent un bel éventail de ce qu'est la poterie actuelle, un savant mélange entre production utilitaire et expression personnelle, entre savoir-faire ancestral et dimension artistique contemporaine.

Sous les ombrages bienvenus de la place de la République, une large place a été accordée à de jeunes céramistes, ravis d'être présents pour la première fois sur ce marché réputé. Ravis de rencontrer le public mais aussi de se confronter à d'autres professionnels, comme le souligne Canan Cancaya, qui travaille le grès et la porcelaine avec une finesse qui interpelle la sensibilité des visiteurs avertis.P1040649-bis.jpg

Canca est née à Istambul et c'est en venant à Paris étudier le cinéma qu'elle a eu son premier contact avec la terre. Emerveillée par le tournage, elle a acheté un tour et trouvé son bonheur auprès d'un potier bourguignon qui lui tout appris des émaux, en trois ans de formation en alternance.  Depuis un an, abandonnant ses études, elle se consacre exclusivement à sa passion et a ouvert son atelier à Châtel-Montagne dans l'Allier. Ses bols et ses vases, aux lignes souples et épurées, aux tons sobres d'inspiration antique, entrent dans la poterie utilitaire par la grande porte.

Face à face, Valérie Blaize et Océane Madelaine faisaient étalage elles aussi d'une production qui se distingue également par leur modernité. Elles se sont connues à la Maison de la Terre à Dieulefit qui dispense une formation professionnelle aux métiers de la céramique et ont derrière elles un long apprentissage dans divers ateliers.
P1040638-BIS.jpgLe travail de Valérie a deux facettes. D'une part, des objets usuels quotidiens et d'autre part son cabinet de curiosités qui révèlent ses interrogations sur la place des objets aujourd'hui. '' Futilitaires '', c'est ainsi qu'elles appellent ses pièces parce que fonctionnelles par la forme et futiles par leur présence décorative. Quant aux coussins en forme de ventre ou aux couvercles de boîte évoquant un sein, ils ont nourri bien des réflexions. De vrais curiosités, sans nul doute!

P1040641-bis.jpgOn retrouve sur le stand d'Océane, une Audoise installée à Plaigne, de la vaisselle et des pichets, des tableaux et des fresques murales, aux lignes pures et sobres. Pas d'aplats de couleur mais de simples traits colorés qui semblent crayonnés naïvement sur les objets exposés. Rencontre, c'est ainsi qu'Océane qualifie son histoire avec l'argile, une rencontre dont la finalité est que les formes créées puissent circuler vers d'autres mains.

 

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